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Régine Le Dorz 80 ans fille Joseph Collard

Régine Le Dorz 8e et dernier enfant de Joseph et Marie Collard, égrène ses souvenirs

Régine Le Dorz, née le 5 décembre 1930, se souvient de ses années d’enfance à Saint-Héand.

* Que vous rappelez-vous de vos parents ?
- « Mon père était un homme bon, travailleur, humble et discret, très actif dans la paroisse. Il rendait beaucoup de services à tout le monde mais il n’aimait pas se mettre en avant. Mes parents étaient tous les deux dévoués à leur métier d’enseignant et jouissaient d’une grande estime auprès de la population. Dans la famille, les horaires étaient très stricts et nous avions peu de liberté. Cependant, comme j’étais la petite dernière, j’ai été favorisée. Avec moi, ma mère était plus sévère que mon père. Je m’adressais à lui quand je voulais demander quelque chose ».

* Des souvenirs tristes vous ont marquée…
- « Notre vie de famille est restée endeuillée par la mort de 3 de mes frères. Je suis arrivée après leurs décès. En 1922, Paul, 15 mois, et André, 2 mois et demi, sont morts de broncho-pneumonie. Mon frère Pierre a pu être sauvé à l’hôpital Chantalouette. En 1928, mes parents ont perdu Fleury qui avait 13 ans. Il est décédé à la suite d’une anesthésie pour l’opération de l’appendicite. Je me souviens aussi des privations de la guerre. En pension à Saint-Etienne, nous n’avions pas grand-chose à manger. Pour mes frères en internat à Montbrison, c’était pire. Ils ramassaient les raves dans les champs et les mangeaient crues. Je me rappelle aussi les queues à la charcuterie Courage. Avec les tickets de rationnement, j’achetais des boulettes de viande que maman « allongeait » avec des pommes de terre ».

* A cette époque, la population était très pratiquante …
- « Il y avait 4 messes dominicales et 3 prêtres. A 6h 30, venaient les personnes pressées : commerçants, chasseurs... A 7h30, beaucoup de monde se déplaçait car le prêtre donnait la communion. Pour cette messe, à laquelle nous allions, mon père dirigeait les chanteuses à l’harmonium. A 9 heures, c’était la messe des hommes. A 10 heures, se déroulait la messe avec chantres et chanteuses. A 14h30, venaient les vêpres fréquentées par quelques bigotes. Mon père jouait de l’harmonium. Nous, les enfants Collard, nous y allions par obligation. C’est seulement après que je pouvais rejoindre mes copines ».

* entretien recueilli par Michèle Dubuy, correspondante locale de presse.
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