Découvrir la ville> Les anciens combattants de la guerre 1939/1945

Lutter contre l’oubli : quatre héandais nous racontent leur parcours
Ils ne sont plus que quatre Anciens Combattants héandais de la guerre 39/45 à pouvoir nous raconter directement cette page de notre Histoire, de leur histoire.
Nous les avons rencontrés en cette fin de mois de février et ils ont accepté avec émotion de revenir sur ces quelques années douloureuses de leur jeunesse.

Vincent-Claudius BOUCHUT, héandais depuis 1921, est né le 17 août 1918 à Larajasse. Marié avec Marie, 4 enfants, 3 petits enfants et 2 arrières petites filles.

Vincent-Claudius Bouchut
Vincent-Claudius Bouchut

Avec discrétion, élégance et beaucoup de charme, il raconte son bref parcours à la guerre qui s’est soldé par une très grave blessure invalidante qui lui a laissé une jambe sans vie et sans utilité.
Incorporé dans l’Infanterie à Besançon à 21 ans, très peu de temps avant la déclaration de guerre, il est envoyé sur le Front d’Alsace. Très rapidement, il est blessé : son instinct de survie l’a fait crapahuter comme il a pu, à travers champ, dans de grandes souffrances, pour atteindre un bord de route pour lui inconnue. "J’avais envie de vivre, c’est cela qui m’a soutenu dans cet effort surhumain pour atteindre un endroit où je pourrais être sauvé. En effet un camion militaire allemand passant par là, m’a ramassé, si l’on peut dire et conduit à l’hôpital le plus proche. C’était en Allemagne, ils auraient pu me tuer, mais il n’en a rien été et après des mois d’hospitalisation, j’ai été rapatrié en France, direction Saint-Etienne d’où j’ai été démobilisé à la fin de la guerre".

JOSEPH BRUEL est né le 29 Août 1915. Héandais bien connu car son épouse Marie, aujourd’hui décédée, tenait une épicerie fine dans le centre bourg. Deux enfants et une petite fille l’entourent.

Joseph Bruel
Joseph Bruel

Sa jeunesse, il l’a passée comme militaire pendant 9 ans : 3 ans de régiment, 1 an de guerre, 5 ans prisonnier en Allemagne. Pointeur dans l’artillerie, il est blessé en 1940 et fait prisonnier dans les Vosges. il est transféré en Allemagne à Speyer (près de Francfort et de Karlsruhe). Affecté au tout début à des travaux pénibles le long de la Ligne Siegfried, il a su prendre son mal en patience. Il a même appris la langue allemande durant quelques brefs moments de liberté. Atteint aujourd’hui d’une surdité profonde, c’est Bernard, son fils, qui conclut : « mon père a été libéré à la fin de la guerre et est revenu à Saint-Héand où il a travaillé chez Pierre Angénieux en qualité d’affûteur-outilleur. Ces 9 ans passés à l’armée ont du laisser beaucoup de traces mais sa patience et sa sagesse ont pris le dessus ; ses souvenirs sont intacts et son émotion est palpable quand il se remémore cette période de sa vie ».

JOANNES CIZERON est né le 25 avril 1919 à Saint-Héand. Marié avec Marie, il a trois enfants et des petits enfants.

Joannès Cizeron
Joannès Cizeron

Un délicat papier jauni, soigneusement plié et déplié pour nous, atteste, s’il en était besoin, de son parcours.
« Il y a bien longtemps que je n’avais déplié ainsi mes souvenirs... » dit-il. Appelé sous les drapeaux en 1939, affecté au Génie à Avignon, où il a fait ses classes et où il a été trouvé sur place pour être mobilisé.
Très aisément, il raconte avec une mémoire toujours vivante :
« Affecté dans le nord, j’ai effectué un travail de préparation du terrain pour l’Infanterie. Il fallait se protéger en raison de bombardements incessants de l’ennemi. J’ai été fait prisonnier le 17 juin 1940 avec mes camarades et emmené en train, pour un trajet de plusieurs jours dans des conditions plus que périlleuses, pour une destination inconnue.
J’étais paysan à Saint-Héand et j’ai eu la chance, si je peux dire, d’être placé chez un paysan allemand, près de Munich, dans le Land de Bavière. Mon savoir agricole était apprécié et mon premier patron m’a assez bien traité, ce qui n’a pas été le cas par la suite. Mais après 5 ans passés en Allemagne, j’ai été libéré par les Américains... Un vrai soulagement car ainsi j’ai pu revoir ma famille.

Antoine VIVIER est né le 31 décembre 1920. Mariée avec Andrée, aujourd’hui décédée, bien connue dans le village car elle était gérante d’une succursale Etoile Blanche, devenue ensuite la Coop ; 2 enfants, 3 petites filles, 1 arrière petite-fille.

Antoine Vivier
Antoine Vivier

Sa vie professionnelle, il l’a accomplie de 1960 à 1983 aux établissements Pierre Angénieux où il a été concierge avec son épouse et parallèlement employé en qualité d’agent de maîtrise d’atelier.
Ancien combattant de la guerre 1939-1945, il a fait soigneusement un condensé des diverses situations qui ont traversé cette période.
"Chantiers de jeunesse de juillet 1941 à 1942, déclaré bon pour le STO, je suis réquisitionné le 12 mars 1943 et transféré en Allemagne. En cours de route, je m’évade et reviens en zone libre, tout en étant très vigilant, considéré comme « réfractaire ». Avec une fausse carte d’identité, après avoir trouvé du travail, j’ai été contacté par des Résistants, les Francs-tireurs Partisans Français (FTPF). Nommé adjudant en 1943, je suis homologué dans cette fonction en 1945 et ce n’est qu’en 1947 que je reçois un certificat d’appartenance aux Forces Françaises de l’Intérieur (FFI). Avec d’autres résistants de la Loire, nous formions le 3e Bataillon de la Loire du 1er Régiment de Franche Comté, après avoir signé un engagement pour la durée de la guerre. Nous avons participé à des combats dans les Vosges où les Allemands résistaient encore. Blessé le 23 décembre 1944, j’ai été évacué sur Besançon et réformé en 1950. Le 12 mars 1968, j’ai reçu la carte d’Ancien Combattant avec, au verso, la Croix du Combattant. Le 21 octobre 1970, j’ai reçu la Croix du Combattant Volontaire et le 17 janvier 1996, on m’a attribué la Reconnaissance de la Nation".

Propos recueillis par Amy PORTAL
MAIRIE - BP 20002 - 42570 SAINT-HEAND CEDEX - Tel 04 77 30 41 23 - Fax 04 77 30 97 28