Découvrir la ville> Les Anciens de la guerre 1939/1945 : les STO

Le Service du Travail Obligatoire : il visait les jeunes des classes 1940, 1941 et 1942
Le service du travail obligatoire (S.T.O.) a consisté, pendant l’occupation de la France par l’Allemagne nazie, à réquisitionner et transférer vers l’Allemagne, contre leur gré, des centaines de milliers de travailleurs français, afin de participer à l’effort de guerre allemand (usines, agriculture, chemins de fer, etc.). Les personnes réquisitionnées dans le cadre du STO étaient hébergées dans des camps de travailleurs situés sur le sol allemand. Trois héandais témoignent de cette période où ils n’ont pas eu la possibilité de dire "non" car convoqués et embarqués sans discussion.

Ci-contre, une affiche de propagande pour le STO, secrétariat général à l’Information, 1943 - source CDDP 94 - Créteil (coll. Archives départementales de Seine-et-Marne, fonds Bernard Taboureau).

Nous avons rencontré quatre des anciens du STO. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive. D’autre témoignages seront les bienvenus, n’hésitez pas à prendre contact avec la mairie.



Alexandre PEYROT
Alexandre PEYROT

Alexandre PEYROT est né le 16 novembre 1920 à Saint-Héand, marié avec Juliette, 2 enfants, 5 petits enfants.
"Tailleur d’habits était ma profession à Saint-Héand. Garçon du 3e contingent de la classe 40, mon parcours passe par les Chantiers de jeunesse avant d’être contraint au Service du Travail Obligatoire. Après un voyage long et éprouvant, j’ai rejoint l’Autriche, à Vörgl, où j’ai été affecté dans une usine de confection d’habits militaires où l’on fabriquait essentiellement des pantalons. Nous étions là pour remplacer les ouvriers incorporés dans l’armée allemande. Le rythme de travail était intensif et nous étions sans cesse surveillés. Après 26 mois, avec quelques camarades, nous avons franchi la frontière suisse et regagné la France où j’ai rejoint Saint-Héand pour aider ma famille".




André BERLIER est né le 26 mai 1922 à Saint-Héand, marié avec Marie-Louise, 5 enfants, 11 petits enfants et 2 arrières petites filles auxquelles s’ajoutent deux à venir.
A 21 ans, il est mineur à Saint-Etienne. Un matin, en prenant son poste de travail, "au lieu de ma lampe pour descendre au fonds, on m’a remis un ordre de présentation immédiate à la Kommandantur. C’est ainsi que du 7 juillet 1943 au 25 mai 1945, j’ai été propulsé au titre du STO en Allemagne à Chemnitz. Les usines d’armement ont été nos principaux employeurs ; très surveillés et encadrés, nous subissions des bombardements fréquents et plusieurs de nos camarades sont morts. Nos conditions de vie étaient précaires (peu de nourriture, poux et puces, entre autres). La fin de cauchemar semblait être là quand nous avons rencontré un pilote américain dont l’avion s’était écrasé. Il nous a conduit auprès des alliés qui encerclaient les Allemands. Après bien des péripéties et un voyage de retour long et épuisant, je suis revenu à Saint-Héand le 25 mai 1945. J’étais très heureux, bien sûr, mais peu bavard car cette période m’avait éprouvé, j’ai eu souvent peur de mourir. Bien des années après, mon fils et mon petit-fils m’ont fait raconter cette période de ma vie pour l’imprimer et qu’elle reste ancrée dans le patrimoine de notre famille".

André BERLIER
André BERLIER




André BOUTE
André BOUTE


André BOUTE est né le 12 décembre 1920. Héandais, menuisier, 4 enfants, 11 petits-enfants, 7 arrières petits-enfants.
Emmené sans ménagement en Autriche, il a été affecté dans plusieurs chantiers où il a eu la chance d’exercer son métier et d’être bien traité par les familles qui l’hébergeaient, souvent dans des petits villages où les nouvelles parvenaient avec parcimonie. "La preuve", dit-il "c’est que des soldats français engagés dans l’armée américaine du Général PATTON, passant par notre village en direction d’un camp de concentration, nous ont demandé ce que nous faisions encore là. C’était le 28 mai 1945…. Embarqués avec eux vers le camp, j’y ai vu l’horreur et la mort, les cadavres entassés et ça je ne l’oublierai jamais".




Gabriel dit Gaby GRANGER est né le 31 janvier 1921, marié avec Suzanne, 5 enfants, 6 petits-enfants.
Militaire engagé pour la durée de la guerre, dans les Chars, il a été déporté en Autriche. Sa profession de métallurgiste lui a valu d’être employé dans plusieurs usines, au gré de la volonté de ses employeurs. Bénéficiant d’une permission après un an de travail, il est revenu en France d’où il n’est jamais reparti, gagnant le maquis, et n’a jamais été retrouvé. Installé à Saint-Héand, il a été employé chez Pierre Angénieux au service des prototypes.

Gaby GRANGER
Gaby GRANGER


Propos recueillis par Amy PORTAL
MAIRIE - BP 20002 - 42570 SAINT-HEAND CEDEX - Tel 04 77 30 41 23 - Fax 04 77 30 97 28